Comment je suis arrivé à la mosaïque ?
Au commencement, il y eu l’ébénisterie.
Je me suis toujours senti apprenti ébéniste, malgré ma formation très éloignée (Ecole des Hautes Etudes Commerciales). Dans les années 90, j’ai commencé à fabriquer bibliothèques, bureaux, tables, chaises, fauteuils, porte-manteaux, chevets, consoles et autres mobiliers.
Et rapidement, vint la marqueterie
Rapidement je me suis tourné vers la marqueterie. Je couvre de plaquage de bois les meubles, les objets et les tableaux que je fabrique. J’ai toujours aimé toucher le bois, sentir sa douceur et sa sensualité. C’est ainsi que je suis tombé amoureux de l’ébène, de l’amarante, de l’acajou, du merisier, du palissandre, du chêne, de l’érable, du bois de rose, du frêne, du châtaignier, du hêtre…
Seul, j’ai élaboré mes propres techniques. Cet isolement m’a permis de créer un style personnel loin, très loin de ce que je vois aujourd’hui dans les expositions. Je me laisse guider par mes doigts qui choisissent, coupent, ajustent et assemblent, un à un, chaque morceau de bois. La marqueterie est un puzzle dont on crée soit même les morceaux.
Et enfin, arriva la mosaïque.
Au début des années 2000, en mosaïque de faïence, j’ai commencé par reproduire des tableaux de Mondrian et créer des fresques plus personnelles. Comme les antiquités égyptiennes me passionnaient, j’ai continué avec une fresque d’Osiris-Ré. C’était une envie forte, il fallait que je le fasse, c’était comme vital. Les recherches de ce tableau m’ont rapidement fait comprendre que cela s’inscrivait dans un ensemble plus vaste. Cette première fresque, a ainsi été le point de départ de grands projets : d’abord, l’annexe Est de la Tombe de Nefertari, l’épouse de Ramsès II, puis des fresques de l’antichambre de cette même tombe. Dès le commencement, les obstacles étaient nombreux, voire pharaoniques, mais pris un à un cela devenait possible. Pour reprendre les propos de Mark TWAIN (“They didn’t know it was impossible, so they did it.”), je dirais que je ne savais pas que cela était impossible alors je l’ai fait.
Une démarche artistique moderne et contemporaine.
La démarche artistique n’est dictée par aucun objectif de style à atteindre. Mon travail ne ressemble pas aux superbes mosaïques romaines, ni aux chefs-d’œuvre que j’ai pu voir dans des expositions. Elle n’a pas la richesse des pierres et des matériaux. Elle est différente puisque qu’elle n’a pas été influencée par les modèles des maîtres. Elle n’a pas la technique des artistes puisque je ne la connaissais pas. C’est un travail brut. La faïence est cassée ou grossièrement coupée au gré de ce qu’elle exprime. Ainsi, je me sens plus proche de Jean DUBUFFET, du facteur CHEVAL ou de PICASSIETTE que des mouvements artistiques.
Que m’a apporté la mosaïque ?
Des projets personnels
La mosaïque a été l’occasion de me donner des projets personnels et des défis. Cela m’a obligé à effectuer de nombreuses recherches et de consulter de nombreuses documentations. Autodidacte, il a fallu que je relève de nombreuses difficultés techniques.
Une ouverture vers l’extérieur
La mosaïque a été un atout pour sortir de ma vie locale, J’ai visité des expositions en France, des musées d’égyptologie à Paris, à Londres, à Berlin et au Caire.
Une ouverture vers les autres
De tempérament plutôt réservé, la mosaïque m’a aidé à m’ouvrir aux autres. Cela m’a donné confiance en moi-même et m’a apporté la force d’entreprendre des démarches auprès des autres. Avec la mosaïque, je n’ai pas hésité à frapper aux portes, à téléphoner, à convaincre.
La mosaïque a été l’occasion de nombreuses rencontres qui me seraient restées improbables : du public, des chefs d’entreprises, des directeurs de musée, des responsables du tourisme, des journalises (Presse, TV…) et surtout d’autres mosaïstes…
Une ouverture personnelle
Maintenant que je fais de la mosaïque, je suis fier de ce que j’entreprends. Cela renvoie une image positive de moi-même à ma femme, à mes enfants, à ma famille, à mes amis…
La mosaïque est devenue l’ADN de ma vie.
